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De la villa Johnston au château Lescure,
l'histoire du quartier


Le château Lescure, que l'on peut voir de nos jours 2 place des cèdres à Bordeaux,  a été construit sur l’ancien domaine de Jean Bayerman négociant en vins bordelais et descendant d’une famille hollandaise installée dès 1620 à Bordeaux.
Il s'appelait Lescure du nom d'une chapelle aujourd'hui disparue Sainct-Laurent d'Escures les Bourdeaus ou Sainct Laurent des Graves, construite du côté de la rue du Livran et la rue du Tondu (d'aprés l'Abbé Jacques Baurein en 1786 et plus près de nous  de Léo Drouyn à la fin du XXe siècle).
La villa Johnston ou Lescure aujourd'hui, a été vendu à Nathaniel Johnston en 1810.
Sur cette propriété était construite une chartreuse. Il agrandira sa propriété en 1820 en achetant le domaine mitoyen de Fourq.
Nathaniel Johnston, petit-fils du précédent, en 1825, surélève la chartreuse d’un étage d'une terrasse et de hautes cheminées qui lui donnent un aspect originel. Devant la façade est un jardin anglais et derrière sont des massifs de verdure à côté de l'orangerie. Sa façade principale sera complétée d’un balcon supporté par des colonnes d’ordre toscan.
La villa Johnston se situe à l’ouest de Bordeaux dans la paroisse de Saint-Augustin.
La villa se trouve au centre de massifs, d’arbustes et d’une garenne traversée d’allées  avec en bas vers le sud une prairie où serpente un ruisseau : le Peugue. La villa était servie par une quinzaine de domestiques.

Entrée du château Lescure au 2 place des cèdres à Bordeaux
Le domaine de Lescure s’étendait certainement des rues du Tondu et Léo-Saignat aux rues Georges-Bonnac et d’Arès, allant jusqu’à l’actuel CHU. À l’est, il touchait le domaine Livran, récupéré par la ville en 1874 pour construire la caserne Xaintraille. Le domaine aurait eu une superficie de 200 à 300 hectares sur lesquels coulaient le Peugue au sud et la Devèze au nord.

Comme toutes les propriétés voisines Livran, Mestrézat, Campeyraut, Picon, le domaine de Lescure possède une dizaine d’hectares de vignes qui produisent 20 à 25 tonneaux de vin d’Escure. Il produit aussi des céréales. Il avait  des prairies et des troupeaux. La propriété, dispose également d’une orangerie, de haras, de serres… On appelait ce genre de ferme un bourdieu. Sur le Peugue, on trouve aussi des lavoirs où les Bordelais pouvaient faire laver leur linge (du XIXe siècle au début du XXe).

La propriété sera morcelée à l’est et au nord par le boulevard de ceinture. Puis en 1853 une partie du domaine (2 ha) sera cédé à la ville pour agrandir le cimetière de la Chartreuse.



En face de l'entrée principale du CHU, bordant la rue de Canolle, il reste quelques mètres du mur d'origine qui entourait le domaine de Lescure.

Le château Lescure et les quinze derniers hectares furent achetés, en février 1912 par des entrepreneurs Henri Darchand et A. Barlan pour réaliser un lotissement de maisons bourgeoises.

Ces 15 ha sont situés juste de l’autre côté du boulevard  (tracé à partir de 1860) et à la limite de l’urbanisation vers 1900. Au-delà commençait la campagne. Mais à cause de la présence du Peugue, petite rivière capricieuse, les promoteurs ont dû limiter leur projet initial de tout lotir.


Le château Lescure se situe sur la partie ouest du lotissement tout prêt de l'hôpital Pellegrin.


Sur cette photo datant de 1936-1937, le stade Lescure est pratiquement terminée tandis que le stade annexe attend son architecte Jacques Boistel-d'Wells. Le lotissement autour du château de Lescure est lui aussi terminé. En vert, on distingue une place libre qui sera comblée vers 1960. Derrière le château de Canolle,  des prairies serviront pour la construction du futur hôpital Pellegrin. Les jardins du château Lescure occupaient une place beaucoup plus importante que de nos jours.

Ces promoteurs immobiliers  débutèrent seulement vers 1920 les constructions sur les 8 hectares restant constructibles.
La profession d’architecte étant mal définie à l’époque (elle le sera seulement en 1941), ils proposaient de construire les maisons par eux-mêmes ou au choix des acheteurs en faisant appel à des architectes.
315 lots furent découpés et lotis entre 1920 et 1940 puis complétés à la marge vers 1960 (autour de la place Johnston).

Mais étonnamment le château de Lescure sera conservé, enserré dans le lotissement cohérent d’élégantes maisons bourgeoises des années 1930 avec son entrée au 2 place des cèdres.


Le château entouré des maisons du quartier Lescure. À l'arrière-plan sur la gauche, on distingue les mâts d'éclairage du stade Chaban-Delmas devant un des bâtiments de la caserne Xaintraille construite sur le l'ancien domaine du Livran.

Le premier parc des sports, dessiné par Alfred-Duprat sera construit sur les 7 hectares vendus par les promoteurs Barlan et Darchand à la société immobilière  du Parc des sports de Bordeaux fondée en 1922.

Pour des raisons financières, des 15 hectares intialement achetés pour lotir le futur quartier, seuls 8 ha le seront réellement (tracé en rouge sur la carte ci-dessous). La faute au Peugue qui avait tendance à déborder et donc les crues étaient incompatibles avec un terrain constructible pour des maisons. On y implantera donc le premier stade vélodrome de Cyprien Alfred-Duprat puis les deux stades municipaux : celui de Raoul Jourde en 1938 (actuel Chaban-Delmas) et celui de d'Wells (en 1939-1940) stade multisports annexe.

L’abbé G. Moureau (1851-1922 mort au château Lescure) fonde en 1897 l’œuvre des travailleurs aveugles du Sud-Ouest.

Son œuvre prend en 1914 le nom de Phare de Bordeaux reconnue d’utilité publique en 1923. Une plaque commémorative apposée dans le hall d’entrée de l’immeuble lui rend hommage.

Pendant la Première guerre mondiale, le bâtiment accueillera des blessés et principalement des soldats ayant perdu la vue sur le champ de bataille.


Le château Lescure vers 1900.

L'association a été un  ESAT, Établissement et Service d’Aide par le Travail « Le Phare » de l’association « Voir ensemble » anciennement la Croisade des aveugles.

Aujourd’hui après d’importants travaux de restauration et d’agrandissement, il héberge des handicapés sensoriels adultes travaillant dans des ESAT sur la Métropole.

L'entrée principale du château Lescure avec son balcon et ses colonnes palladiennes.

Une autre entrée remarquable du château.

Entre 2010 et 2012, construction d'un bâtiment hébergeant des handicapés adultes en situation de semi autonomie dont l'ariière donne sur le parc. Sur la photo de droite entrée au 43 rue Vercingétorix.

L'accueil du public se fait par le bâtiment administratif moderne placé à l'arrière du château.

Cette échoppe située rue Marceau au milieu de l'ancienne citée des TEOB, permet de mettre des adultes handicapés en situation de complète autonomie avant leur réinsertion. L'arrière du jardin donne sur le parc du château.

La rénovation des 3000 m² (sur un hectare de parc) a permis de mettre en valeur les caves voutées en pierre d'origine (cuisine et salle de restauration).

Certaines salles et  lieux de passage ont  des couleurs vives (pour les mal-voyants).

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